Rencontres autour de la mort des tout-petits

(mortalité fœtale et infantile)

Décembre 2009

 

Dates : du jeudi 3 décembre 2009 9h00 au vendredi 4 décembre 2009 17h30

Lieu :Musée d’Archéologie Nationale - Château de Saint-Germain-en-Laye
Place Charles de Gaulle
78105 Saint-Germain-en-Laye Cedex

Télécharger le programme : rencontre autour de la mort des tout-petits

 

 

Table ronde organisée par le GAAF et le service archéologique de la ville de Chartres
Comité d’organisation scientifique et technique :
Cécile Buquet-Marcon, Magali Detante, Mark Guillon, Emilie Portat Sévin-Allouet
Responsable scientifique et contact : Emilie Portat Sévin-Allouet
Service archéologique de la ville de Chartres
35 rue Saint Michel – 28000 Chartres
Tel : 02.37.23.42.20 , 06.83.08.20.72 / Fax : 02.37.23.42.21
e.mail : eportat@gmail.com / secretaire.gaaf@gmail.com

 

 

  

Appel à communication

 

La naissance et la mort sont les moments clés structurant l’existence d’un individu. Cela est évidemment d’autant plus vrai que les deux évènements sont rapprochés dans le temps, voire lorsque donner la naissance se conjugue avec donner la mort.

Aborder la question de la toute petite enfance par le biais de leur mort permet d’approcher au plus près l’attachement envers l’enfant et de prendre ainsi toute la mesure de la structuration du deuil familial et social. La recherche de la définition de la place du tout petit dans la société est la clé de voûte de l’histoire de la toute petite enfance. Nous voulons ici apporter une contribution à cette définition par l’analyse de sa place dans la société des morts.

En effet, souvent difficile à traduire dans la vie quotidienne, l’attention portée par les parents et la société transparaît surtout lorsque l’enfant meurt.

 

La convocation de ces journées au chevet des plus petits a pour mission d’être au carrefour de rencontres dans un esprit d’interdisciplinarité afin de croiser les approches dans une même séance autour de l’étude des morts du passé.

Pourquoi ces rencontres ? Certes, l’enfant n’est plus « le grand absent de l’histoire » et ces dernières années plusieurs colloques se sont tenus autour de l’enfant, sa mort et sa sépulture, que ce soit chez les historiens, les archéologues ou les anthropologues. Toutefois, il reste beaucoup à faire en ce qui concerne les plus petits d’entre eux qui sont encore souvent les laissés pour compte de cet engouement pour l’enfance. En outre, nous disposons désormais de nouvelles données qu’il était temps de confronter en renouvelant la question.

Si la réalité de « l’amour parental » ne se discute plus, il nous reste à définir la place reconnue à ces tout-petits dans leur société. L’archéo-thanatologie permet un face à face avec l’enfant car la manière d’inhumer, lorsqu’elle témoigne d’une reconnaissance de l’enfance comme un âge spécifique, est un critère essentiel dans la définition de sa place au sein de la société. Cependant, c’est le monde du petit enfant dans sa globalité qui est envisagé, faisant appel à des recherches dans des disciplines variées et dans une optique diachronique : histoire des sources écrites et des images, archéologie, archéo-thanatologie, anthropologie biologique, médecine légale, sociologie, ethnologie, démographie, histoire de la médecine, médecins et sages-femmes.

C’est la confrontation de ces sources qui devrait permettre de prendre la mesure de la mort du tout-petit en tant qu’élément perturbateur ou non du corps social.

 

Les communications attendues auront pour objectif de mettre en œuvre la façon dont est intégrée la mort du petit enfant et celle dont leur sépulture marque, dans la terre des morts, l’organisation de la société des vivants. Plutôt que de chercher à caractériser cette mort, la question se posera en terme de changement de norme ou de rupture par rapport à la norme.

Ces rencontres veulent insister sur le passage à la vie en posant particulièrement le problème de la mortalité périnatale et des mort-nés. Que sait-on de leur traitement funéraire ? Dans quelle mesure la mortalité in utero détermine le traitement du corps ? De quelles façons les sociétés gèrent ces enfants qui meurent sans vraiment être nés à la vie ?

Un questionnement doit être ouvert sur l’identification d’une césure ou non dans la gestion de la mort en fonction de la structure de la mortalité fœtale et infantile. Comment percevoir ces morts différentes avec la documentation issues des tombes, de la pratique, de l’épigraphie, etc. ? Evidemment, le point central de ces réflexion est celui de la fiabilité de l’estimation de l’âge –et la question se pose quelles que soient les sources concernées– sans laquelle toute réflexion autour de la gestion de la mort et du recrutement de la population inhumée ne peut se faire. Soyons conscients toutefois que nous aurons à nous confronter à des âges différents selon les disciplines : âges chronologique, biologique, civil, social ou théorique.

L’attention sera aussi portée aux causes possibles, endogènes et exogènes, de mortalité fœtale et infantile avec notamment des communications attendues en médecine légale et néonatale.

Il nous faudra également réfléchir en terme de recrutement de la population infantile inhumée en fonction des taux de mortalité connus par la démographie historique. Ce qui nous amènera à aborder le sujet de la sectorisation de l’inhumation des plus petits et du rejet ou non de leur dépouille hors de l’espace funéraire réservé aux adultes.

 

Sont attendues, dans la diachronicité et l’interdisciplinarité, des réflexions autour d’éléments amenant à une meilleure compréhension du rapport des sociétés avec la mort de ses plus petits.

- Localisation de l’inhumation des plus petits.

            Habitats, ateliers, zones de commerce ou d’artisanat

            Espaces consacrés

            Nouveau-nés, enfants et adultes

            Une sectorisation au sein de la mortalité infantile ?

- Estimation de l’âge et étude du recrutement de la population décédée ou inhumée

            Réflexion autour des méthodes d’estimation de l’âge au décès des tout-petits

            Comment mener une étude du recrutement pour cette population si particulière ?

            Pratiques spécifiques en fonction d’un âge précis ?

            La question des mort-nés : comment se pose et est gérée cette douloureuse question ?

- Gestion pratique de la mort

            Inhumation ou crémation ?

            Espaces de décomposition et contenants

            Particularités taphonomiques des squelettes de tout-petits

            Traitements particuliers ou systématiques ?

- Mobilier dans la tombe

            Quel mobilier ?

            Mobilier d’accompagnement ou dépôt issu de la cérémonie ?

- Sentiment de la toute petite enfance et reconnaissance sociale.

 

 

 

 

 

Les communications seront ensuite publiées sur le site internet ainsi que dans une version papier à petite diffusion.